Paroles    
Quand j’étais ministre

 

Quand je fus sorti de l’Ena
Un heureux destin m’amena
A gouverner ..un ministère
A prendre de grandes décisions
Dans l’intérêt de la nation
De la rendre encore plus …prospère
 
J’ai eu grâce à un bon ami
Le ministère d’l’Economie
D’l’Economie et des Finances
Mais j’avoue que c’ n’ est pas la fête
Quand on veut redresser la dette
Rééquilibrer la balance
 
J’ai passé des nuits de cauch’mar
A fouiller les fonds de tiroirs
Je n’ai ramassé qu’une obole
Je me suis même fait disputer
Quand j’ai proposé d’arrêter
De financer le Charles De Gaule
 
On m’a dit un jour à Bercy
« Vous savez, on a un souci
Tous ces français, commencent à coûter bien cher
On voit le fond de la tirelire.
Débrouillez-vous pour la remplir
Allez, on vous fait confiance, mon cher 
 

Mais les week-end je retournais me réfugier

Dans mon petit  village de la France profonde

Voir Dédé le charcutier avec son langage de charretier

Qui gueule tout l’temps, après sa  femme Raymonde

  Je garagiste toujours au bar 

  Qui draguait depuis le comptoir

  La ptit’ Chantal d’l’agence postale, une jolie blonde

  Et puis la gentille Nicole, la nouvelle maîtresse d ‘école

  Qui veille mes petits enfants qui faire la ronde  

Mais attention, ne touchez pas
Au train de vie des gens d’ l’ Etat
Ne grevez pas ni l’Intérieur, ni la Police
Ne réduisez pas les salaires
De nos braves parlementaires
Foutez la paix à la Défense et  la Justice
 
Par contre vous pouvez trancher
Dans tout un tas d’autres budgets
Qui n’ont pas de caractère capital
Recherche,  Sport ou bien Santé
Culture ou  Solidarité
Entre nous, reconnaissez qu’ ce n’ est pas vital »
 
J’ai augmenté les charges et j’ai
Supprimé des jours de congés
Mis des radars un peu partout et plein de flics
Pour faire des sous coûte que coûte
J’ai même dégraissé le Mammouth
Et tordu le cou à la vieille Fonction Publique
 
Pour pouvoir économiser
J’ai aussi décentralisé
Toutes les missions qui coûtent trop de thune
Brebis galleuses de la Nation
J’ les ai filées aux Régions
Aux Départements et  puis aux Communes
 
Refrain
 
Avec un vrai souci de comptable
Je n’ai gardé que les rentables
Mais on m’a dit  « Le peuple est en colère 
Certes,  vous faites du bel ouvrage
Mais on descend dans les sondages
Vos mesures ne sont pas très populaires »
 
Comme dans tous les gouvernements,
Il y a des remaniements,
Pour éviter qu’on s’en prenne aux hautes instances
De mon fauteuil si confortable
Qui cachait un siège éjectable.
On m’a prié de partir avec insistance.
 
Déçu d’une telle injustice
Qui me portait tant préjudice,
Je retournais noyer ma peine dans mon village
Retrouver des gens simples et bons
Partager le pain le jambon
Loin des politiciens et de leurs magouillages
 
Mais j’ai bien vu  en arrivant
Que rien n’étais plus comme avant,
La place était déserte et les rues bien sinistres
On ne venait plus m’accueillir
Pour me dire avec un sourire
 « Bien le bonjour, Bonjour, Monsieur l’Ministre »
 
Le charcutier avait coulé à cause des charges
l’agence postale aussi aller fermer bientôt
La grande ville nous avait collé une décharge
Le bar désert avait descendu son rideau
Le village tout entier était si morose
Si gris, sans joie,  sans  liesse  populaire
Le garagiste s’était  suicidé  d’une cirrhose
Mes p’tits enfants n’avaient plus de groupe scolaire
 
Et les habitants hagards et sans boulot
M’ont trai..té.. de sa…laud
 
 
 
 
Gilles fév 2006