Paroles

Histoire

Le cours d'une vie

 

A sa naissance, un peu timide
Elle découvre un grand paysage
Puis descend vers les prés humides, 
Les grands rochers et les herbages.
 
Plus tard, elle gagne en confiance,
La vie la rend belle et sauvage.
Dans sa fougueuse adolescence
Elle bondit dans les pâturages.
 
Mais pendant qu'elle batifole
Entre rochers et éboulis,
Certains, croisant sa course folle
Viennent se jeter dans son lit.
 
Aux unions, elle n'est jamais contre
Alors comme un ventre de fille 
Elle gonfle au fil des rencontres
En s'éloignant de sa Gardille.
  
La temps passant la rend plus mure
Elle se calme et s'assagit
Entre les plages et les ramures
Elle devient douce et s'élargit.
 
Un jour, on a fait connaissance.
Il y a déjà si longtemps.
Elle fut l'Amour de mon enfance
Et je l'aime toujours autant.
 
Je garde le regret sincère
Des heures de gloire vite oubliées
Quand passaient mille sapinières
Menées par de fiers bateliers
 
Lorsque les belles lavandières
En battant le linge mouillé
Dans les méandres de Lubières
Interpellaient les mariniers.
 
Mais elle garde son caractère
Et quand elle sent qu'on l'emprisonne
Elle fait déborder sa colère
Furieuse sous les pluies d'automne.

 

Mais aujourd'hui j'entends ses pleurs
Quand on l'étouffe, quand on la viole,
Victime d'humains qui se leurrent
Dans le béton et la bagnole
 
Quittant ce pays qu'elle abreuve
Elle s'attache à un compagnon
Devient l'épouse d'un grand fleuve
Et désormais porte son nom
 
Tandis que triste je soupire,
Ils vont vers l'estuaire béant
Pour le meilleur et ou le pire
Ils jètent  dans l'océan.
 
Ce grand Amour, c'est ma rivière
Et si je dois mourir noyé(e)
J'avoue que je serais très fier(e)
Que ce soit par l'eau de l'ALLIER
 
J'avoue que je serais très fier(e)
Que ce soit par l'eau de l'ALLIER
 
Je dédie cette chanson à ma rivière, l'Allier et aussi à Daniel FRANCON,
 
Gilles 26 octobre 2004