La belle saison
L'hiver qui n'était pas sympa
Avec nous n'en finissait pas
Et le premier jour du printemps
Il neigeait à plein temps
Dans ma maison triste et glacée
Je berçais de sombres pensées
Guettant au jardin recouvert
La percée des primevères
Faute de courir les moineaux
Le chat dormait près du fourneau
Dans leur pots les géraniums
Avaient des allures de fantômes
C'est dans ce sinistre décors
De vent glacial et de bois mort
Que m'est arrivé cette histoire
Je sais, pas très facile à croire
Pourtant je n'attendais personne
Et voilà qu'à ma porte on sonne
Je vais ouvrir. Devinez quoi :
J'avais le printemps devant moi!
Le bougre il avait fait du zèle
C'était changé en demoiselle
Espérant par ce subterfuge
Dans ma maison trouver refuge
Elle est entrée dans le salon
Et déjà il y faisait bon
Le chat qui n'avait plus sommeil
Gambadait derrière les abeilles
Pas deux minutes qu'elle était là
Que déjà j'avais du lilas
Et dans leur pots, parole d'homme
Fleurissaient les géranium
Elle m'a dit "Monsieur, je l'avoue"
Je me sens tel'ment bien chez vous
Puis-je y demeurer quelques temps
Moi je n'en demandais pas tant
Elle m'a dit cela sans détour
Alors mon sang n'a fait qu'un tour
De peur qu'elle ne veuille s'envoler
J'ai verrouillé ma porte à clef
Messieurs Mesdames y a pas de "Mais"
Y plus qu'trois saison désormais
Le printemps est bien en prison
Dans ma maison
La morale de ma chansonnette
C'est qu'le printemps c'est dans la tête
Quoiqu'en dise la météo
Quand on s'aime il fait toujours beau
A Florence
Gilles 1985