La Casa Deï  
(texte d'Henri Pourrat)

 

La vielle Marie contait et contait,
Assise dos rond, près de sa fenêtre.
Il pleuvait sur Goure et l’oiseau du hêtre
En ça du verger plein d'ombre chantait ;
Les crimes des bois et ceux des domaines,
Et toutes les peurs, et tous les secrets,
Ceux des pierres fées et ceux des fontaines,
Les farces du bal et des cabarets
 
La cloche de la Casa Déï battait sur les chênes 
La vielle tintait aux près de la croix du bancillon
 
Vide la chopine et taille le jambon !
La boule en roulant fait volet les quilles
Ces bourrées les soirs pour les jolies filles
Ces noces trois jours à boire et manger !
Les fêtes, les morts, les vies, tant à dire.
Ceux-là qui s’aimaient, ceux-là qui partirent !
Et tant à songer, et tant a songé.
 
La vielle Marie contait et contait
Quand le temps est bas, que les bois des rampes
Houlent a long bruit sur le breuil,
Tends le rideau rouge, allume la lampe,
Et serrez vous tous devant les landiers
Il va reneiger cette nuit sans faute :
Ces montagnes sont si sombres et si hautes
Et les chaumes gris si seuls a mi-côtes
Comme dans le temps des marcandiers
Mais ici le feu peint d'or un visage ;
Entre le lit coffre et l’horloge a poids
Une ombre qui bouge aux cloisons de bois
Semble revenir de ces anciens ages
 
Maintenant le coeur bat étrangement
Parti dans le vent derrière ces dires,
D’amitié, de peur, d’un autre tourment.
Et pour n'y céder, alors il faut rire.
                                                           

Ce merveilleux texte qui m'a été donné par Eric Noëllet qui a composé la musique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Chaise Dieu

aquarelle de  Philippe JOUBERT

Artiste et ami.

 

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( "Casa Dei" Maison de Dieu en vieux français aujourd'hui "La Chaise-Dieu", village de Haute Loire connu pour son abbaye fondée en 1043 )